Syndrome Metabolique
Syndrome Metabolique
PREAMBULE :
Ces données ne sont que des données brutes, elles ne sont pas destinées à imposer quelque conduite à tenir que ce soit (à la différence des recommandations officielles, et encore…) Elles servent simplement à avoir une idée de l’état de la science sur ce sujet, et de façon certainement pas exhaustive. Elles ne correspondent qu’à une partie du 1e cercle “EBM” qui doit forger notre décision. A chacun d’entre nous de les interpréter en fonction de sa personnalité et de ses patients
.
INTRODUCTION :
- 1) DNID = gros pb santé publique international
- 2) Le niveau de glycémie est associé au risque CV de façon linéaire chez les non-diabétiques [1]
20 études sur MEDLINE de 66 à 96 : 95 000 sujets suivis sur 12 ans Risque relatif d’évènements cv comparativement à une GL à jeun de 0,75 :
- GL à jeun de 1,10 -> RR = 1,33
- GL post-prandiale de 1,40 -> RR =1,58 (on retrouve ici ce que Robert a noté : la significativité plus importante de la GL pospt prandiale) MAIS l’indépendance de la GL par rapport aux autres facteurs de risque (obésité, TG, HTA, HDL bas etc…) n’ a pas été étudié
- 3) Y-a-t-il une possibilité de PREVENTION du DNID et/ou de ses complication ?
DEFINITION DU SYNDROME METABOLIQUE :
selon le NCEP-ATP III (2001) [2] (National Cholesterol Education Programme Adult Treatment Panel III)
Présence de trois des facteurs suivants ou plus :
- Tour de taille > 102 cm chez les hommes et > 88 cm chez les femmes
- TG > 1,7 mmol/l (1,50 g/l)
- HDL < 1 mmol/l (0,40 g/l) chez les hommes et 1,3 mmol/l (0,50 g/l) chez les femmes
- Hypertension > 130/85 mm Hg
- Glycémie à jeun > 6,1 mmol/l (1,10 g/l)
La définition du NCEP ATP III est maintenant bien acceptée en Amérique du Nord et est plus utile en clinique que celle plus ancienne de l’OMS.
PROBLEMATIQUE :
1) Syndrome d’insulinorésistance : observer ou agir ? [3]
Le diabète de type 2 est marqué par un risque vasculaire particulièrement élevé. Ce risque existe en fait bien avant la survenue du diabète : il est présent dès que de multiples anomalies métaboliques sont associées. Ces anomalies constituent le syndrome métabolique dont l’élément essentiel est représenté par l’insulinorésistance. Des anomalies cliniques facilement mesurables sont souvent associées (augmentation du tour de taille, hypertriglycéridémie, HTA). L’identification des individus porteurs de ce syndrome est particulièrement importante compte tenu du risque.
2)Syndrome métabolique ou syndrome d’insulinorésustance. Données épidémiologiques récentes [4]
Les études de cohorte montrent un risque accru de morbidité et mortalité cardio-vasculaires chez les sujets présentant ce syndrome métabolique d’insulinorésistance. Ces constatations justifient d’identifier ces sujets à risque et de définir la stratégie optimale pour une prise en charge préventive.
3)Le point de vue des diabétologues français sur la prévention du diabète de type 2. Un sondage d’opinion à l’occasion du congrès de l’ALFEDIAM, Bordeaux 2003 [5]
Un sondage d’opinion a été réalisé au cours du congrès de l’ALFEDIAM Bordeaux-2003. Cent trente-sept medecins ont été interrogées sur leur conception de la prévention du diabète de type 2. Le pré-diabète est une entité reconnue pour 61 % des personnes sondées. En ce qui concerne la prise en charge, le couple “activité physique-diététique” recueille 97 % des suffrages. Pour l’utilisation des médicaments, la metformine a un taux de réponse positive de 58,4 %, l’acarbose et l’orlistat faisant un score de 37,2 % et 35 % respectivement.
LES REPONSES :
Is it possible to prevent type 2 diabetes ? [6]
4 études prospectives randomisées à long-terme viennent de rendre leurs conclusions :
- DPS Diabète Prévention Study (Finlande)
- DPP Diabète Prévention Program (USA)
- Etude STOP-NIDDM (Noninsulin-Dependent Diabètes MELLITUS)
- Etude XENDOS Chacune d’entre elles a clairement montré la possibilité de retarder ou prévenir la survenue de diabète type 2 chez les sujets présentant une intolérance au glucose, soit par un changement de mode de vie, soit par un traitement (Metformine, Acarbose ou Orlistat) L’étude TRIPOD (avec la troglitazone) est riche en promesse : la protection conférée par ce médicament dépasse largement la periode du traitement, et la fonction langheransienne semble préservée.
A) DPP Diabete Prevention Program
http://www.niddk.nih.gov/welcome/releases/8_8_01.htm
Dans cette étude 3 234 patients obèses intolérants au glucose ont été randomisés en 3 groupes et suivis sur 3 ans :
- groupe METFORMINE 850*2 (avec conseils hygieno-diététiques standards)
- groupe controle (placebo METFORMINE + conseils standards)
- groupe à changements majeurs de style de vie (réduction de 7% du poids par régime pauvre en graisse et 30 mn/j d’exercice) Le risque de développer un diabète type 2 a baissé de 31% dans groupe METF et 58% dans groupe style de vie (versus groupe controle). Le changement de style de vie s’est montré efficace dans tous les cas y compris et surtout chez les personnes > 60 ans La Metformine s’est montrée d’autant plus efficace que les sujets étaient plus jeunes (< 45 ans) et plus obèses (IMC > 35) L’étude a été stoppée 1 an avant terme devant la netteté des résultats.
Quelques auteurs Francais doutent de la possibilité de transposer ces changements drastiques de mode de vie en France. (les Toulousains, pour défendre leur foie-gras ? ? ! !…) La combinaison “Style de vie” + METFORMINE n’a pas été étudiée
B) ETUDE STOP-NIDDM
[7].
http://www.stop-niddm.com/study/intro.htm
L’étude STOP-NIDDM randomisée en double aveugle, de bonne méthodologie, menée de juillet 1998 à août 2001 au Canada et en Europe a permis de démontrer que le traitement de sujets prédiabétiques (intolérance au glucose) avec l’acarbose diminuait de façon significative le risque de développer : 1) le diabète de type 2 (publié dans la revue médicale The Lancet en juin 2002) ; 2) l’hypertension et, surtout, les maladies cardiovasculaire (publié dans la revue médicale JAMA en juillet 2003).
1 429 patients intolérants au glucose, avec une IMC moyenne de 31 ont été randomisés en 2 groupes (acarbose 100mg*3 et placebo) et suivis sur 3,3 ans. Le risque relatif d’événement cardiovasculaire a été réduit de 49% et celui de passage au diabète type 2 de 25%. Bon niveau de preuve grâce au nombre de patients inclus et au suivi prolongé.
C) Etude XENDOS
http://www.medscape.com/viewarticle/470740_3
Compare l’action de l’orlistat + règles hygiénodiététiques versus règles hygiénodiététiques seules dans la prévention du DNID chez les obèses. Etude RCT sur 4 ans sur 3305 personnes IMC >30 dont seulement 21% avaient une intolérance au glucose. La réduction du risque relatif de passage au diabète type 2 a atteint 37,3% Les résultats ont été particulièrement significatifs chez les obèses souffrant d’intolérance au glucose, avec un NNT de seulement 11.
D) Diabete Prevention Study
http://www.niddk.nih.gov/welcome/releases/8_8_01.htm
1e essai clinique RCT qui a testé la faisabilité et l’efficacité de modifications dans le mode de vie de sujets à haut-risques, sur 522 patients (moy = 55 ans) obèses (IMC moy = 31) avec intolérance au glucose, suivis sur 3,2 ans. Chaque sujet du groupe intervention a reçu des conseils personnalisés visant à perdre du poids, diminuer la consommation de graisses (totales et saturées), augmenter la consommation de fibres et l’activité physique. La réduction du risque relatif de passage au diabète type 2 a atteint 58% (meme taux que dans le Diabetes Prevention Program), directement lié au nombre et à l’amplitude des changements de style de vie. Là aussi, l’étude a été prématurément interrompue devant la netteté des résultats.
[1] EBM Journal (édition française) 2000 ;N°23:31 Références 1. Intensive blood-glucose control with sulphonylureas or insulin compared with conventional treatment and risk of complications in patients with type 2 diabetes (UKPDS 33). UK Prospective Diabetes Study (UKPDS) Group. Lancet 1998 ;352:837-53. 2. Tight blood pressure control and risk of macrovascular and microvascular complications in type 2 diabetes : UKPDS 38. UK Prospective Diabetes Study Group. BMJ 1998 ;317:703-13. 3. Reaven GM. Banting lecture 1988. Role of insulin resistance in human disease. Diabetes 1988 ;37:1595-607
[2] Le Médecin du Québec, volume 39, numéro 2, février 2004
[3] Syndrome d’insulinorésistance : observer ou agir ? Titre de la Revue : Diabetes & metabolism. [ Diabetes metab.. ] , 2003 , vol. 29 , no 2 SIAMA G. , PICARD S. Service de Diabétologie, Hôpital de l’Hôtel-Dieu, 1, place du Parvis Notre-Dame
[4] Syndrome métabolique ou syndrome d’insulinorésustance. Données épidémiologiques récentes Titre de la Revue : Annales d’endocrinologie. [ Ann. endocrinol.. ] , 2003 , vol. 64 , no 3 ESCHWEGE E. , BALKAU B. INSERM U. 258, Hôpital Paul-Brousse
[5] Le point de vue des diabétologues français sur la prévention du diabète de type 2. Un sondage d’opinion à l’occasion du congrès de l’ALFEDIAM, Bordeaux 2003 Titre de la Revue : Diabetes & metabolism. [ Diabetes metab.. ] , 2003 , vol. 29 , no 3 , pp. 307 - 314 [ 8 pages. ] ZIEGLER O. , SIMON C
[6] Ann Endocrinol (Paris). 2003 Jun ;64(3 Suppl) :S37-44. Related Articles, Links [Is it possible to prevent type 2 diabetes ?] [Article in French] Laville M. Service d’Endocrinologie, Hopital Edouard-Herriot F-69437 LYON Cedex 3. martine.laville@chu-lyon.fr
[7] L’acarbose diminue le risque de maladies cardiovasculaires et d’hypertension chez les patients intolérants au glucose. Chiasson JL, Josse RG, Gomis R, Hanefeld M, Karasik A, Laakso M ; STOP-NIDDM Trial Research Group. Acarbose treatment and the risk of cardiovascular disease and hypertension in patients with impaired glucose tolerance : the STOP-NIDDM trial. JAMA. 2003 ;290(4):486-94
Mercredi 7 avril 2004 par denis BOYER
janvier 9th, 2006 10:16
Mise a jour avec definition la plus consensuelle et la plus recente ( merci Denis )
Définition du syndrome métabolique selon l’IDF (04/2005)
Le 14 avril 2005 la Fédération internationale du diabète (IDF) a présenté une nouvelle définition mondiale du syndrome métabolique faisant l’objet d’un consensus international.
- Obésité Tour de taille ≥ 94 cm chez les hommes et ≥ 80 cm chez les femmes
Et au moins 2 des critères suivants:
- HTA PAS ≥ 130 ou PAD › 85 ou TTT en cours pour HTA
- GL à jeun ≥ 1,00 g/l ou DNID connu
- TG élevés > 1,50 g/l ou TTT en cours pour TG élevés
- HDL bas < 0,40 g/l chez H et 0,50 g/l chez F ou TTT en cours pour HDL bas
décembre 14th, 2006 15:40
Prescrire vient de faire une synthese sur le sujet: en résumé, le syndrome métabolique est une notion un peu “fourre tout” sans réelle conséquence pratique .
ROBERT